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PORTRAITS DE CIVILS

Degauchy (Anatole ?) Désiré Nicolas

Né le 6 décembre 1859 à Cannectancourt, époux de Marie Mathilde Henriette Gobillard. Il est tué par un obus le 28 septembre 1916 à 9 heures du soir. Son nom figure sur le monument aux morts de la commune.

 

Potet Henri

Né à Vieux-Moulin le 25 novembre 1868, fils de Marie Magloire Potet et d’Emilie Rousselle, Henri Potet fait ses études à l’école de son village puis à l’Ecole Normale de Beauvais (promotion 1885-1888). Il exerce son métier à Bailleul-sur-Thérain, Froidmont, Monneville et Ville. La médaille de bronze des Instituteurs lui est décernée en 1914.Il est alors l’un des plus anciens normaliens de l’Oise. Il épouse le 22 novembre 1894 à Longueil-Sainte-Marie (Oise) Marie Elise Valentine Morel qui lui donne deux enfants : Maurice, le 13 décembre 1897, et René, le 15 mars 1901.
Instituteur à Ville depuis décembre 1895, il demeure dans ce village durant l’invasion. Pris comme otage par les Allemands le 25 septembre 1914, il est fait prisonnier civil et est déporté en Allemagne. Il décède en captivité du typhus le 4 juin 1915 au camp de Hiederwehren (Cassel). L’information sur son décès est transmise le 15 août suivant par la Croix Rouge. Sa femme et ses deux fils Maurice et René seront déportés dans le nord de la France près d’Avesnes-sur-Helpes, Saint-Hilaire-sur-Helpes et Landrecies (Nord). Une place Henri Potet a été inaugurée à Ville.

 

Rigault Arthur

 

Tailleur de pierres, otage fusillé à Chamant le 2 septembre 1914. Son nom figure sur la stèle des otages érigée à Chamant le 4 septembre 1927.

 

de Roucy Gaston Marie

Né le 23 juillet 1855 à Abbeville (Somme), Charles Gaston Marie de Roucy est le fils d’Adrien de Roucy (1829-1894), conseiller municipal de Noyon, et de Fanny Firminie Elise de Vismes (1837-1866). Le 25 juillet 1883, il se marie à Eu (Seine Maritime) avec Marie Eulalie Ernestine Marguerite de Chauvenet.

De cette union naîtront cinq enfants, Madeleine (1886-1962), Jean (1891-1967), Colette (1892-1974), Albert (1894-1948) et Adrien Antoine (1898-1962). Officier de réserve, propriétaire éleveur à Morlincourt (Oise), il est maire de cette commune de 1887 à 1915. Son épouse est présidente de la Croix Rouge de Noyon. La famille de Roucy est notée, en 1911, demeurant rue d’En Haut, dans le château construit vers 1785. Logent à leur côté pour le service de la maison une domestique, un cocher et une femme de chambre.

Le 2 septembre 1914, tandis que ses deux fils et son gendre sont mobilisés, son épouse décède à Noyon, place Saint-Barthélemy. Noyon est alors occupé par les troupes allemandes depuis le 30 août.

Retenu prisonnier en 1914 dans un pavillon de l’école de Morlincourt, il parvient à informer par lettre de sa situation le maire de Noyon, Ernest Noël. Venu à son secours, ce dernier le trouva calme et courageux : « Je suis prisonnier pour une cause que j’ignore. Il paraît que, de la commune, on aurait fait des signaux aux Français ». Il s’agissait, en fait, de paroissiens réunis autour d’une lumière dans l’église pour prier pour les soldats au front. Selon Ernest Noël, Mme de Roucy et ses enfants étaient enfermés à leur domicile avec des filles publiques. Enlevé de Morlincourt par les Allemands en décembre 1914 comme otage civil, Gaston de Roucy décède en déportation à Wetzlar (Allemagne, province de Nassau, Land de Hesse) le 1er mars 1915. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume par décret du 21 septembre 1923 : « Fait prisonnier par les Allemands, parce qu’il voulut s’opposer au pillage de sa commune, il fut envoyé, en septembre 1914, au camp de Wetzlar où il succomba en 1915. ».

Son fils Jean sera élu maire de Morlincourt en 1919 et travaillera à la reconstruction de sa commune. Gaston de Roucy sera inhumé à Noyon le 15 janvier 1926. Son nom et celui de sa femme figurent sur le monument aux morts de Morlincourt inauguré en 1927.